J’aime pas le RACI !

J’aime pas le RACI !

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Le RACI est un outil souvent utilisé dans les démarches de design organisationnel pour affecter les responsabilités et distribuer l’autorité entre les unités qui composent la structure d’une organisation. C’est un acronyme anglo-saxon qui, à l’origine, signifie Responsible (R), Accountable (A), Consulted (C) et Informed (I). Pour éviter les confusions liées aux faux-amis Responsible et Accountable, il est souvent francisé, par exemple de la manière suivante : Responsable, Acteur, Consulté et Informé (c’est d’ailleurs de cette manière que je l’utiliserai dans la suite).

Comme le titre de ce billet l’indique, je n’aime pas beaucoup cet outil. Pourquoi ? Principalement parce qu’il mélange allègrement responsabilité et autorité et finit par générer plus de confusions que de clarifications entre les deux notions.

Le principe de la parité

Le principe de parité, aussi vieux qu’Henri Fayol, est à la base de l’affectation des responsabilités et de la distribution de l’autorité au sein d’une organisation. Il signifie qu’un manager, en charge d’une unité organisationnelle, doit pouvoir prendre ou faire prendre les décisions lui permettant d’assumer les responsabilités qui lui ont été affectées. C’est ce qui permet du reste d’appréhender une organisation comme une cascade de pyramides hiérarchiques.

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Appliqué à une activité ou à un processus, le RACI permet bien d’identifier qui est responsable (il ne doit y avoir qu’un seul R) et quels sont les contributeurs (A). En revanche, le fait d’être consulté (C) et/ou informé (I) ne donne qu’une représentation partielle et largement insuffisante de la distribution de l’autorité. Même si souvent on sous-entend implicitement que celui qui est responsable (R) décide (cela irait de toutes les façons mieux en le disant), on ne dit rien de celui qui valide la décision et, surtout, de celui qui contrôle qu’elle a bien été mise en œuvre.

C’est donc du côté de la distribution de l’autorité que le bât blesse avec le RACI. L’affectation des responsabilités est claire, pas la distribution de l’autorité. Du coup, le principe de parité a toutes les chances de ne pas être respecté.

Passer du RACI au RA… et le compléter d’un autre outil centré sur l’autorité

Je préfère donc recentrer le RACI sur la responsabilité et les contributions et, donc, utiliser un RA : Responsable (R) et Acteurs (A).

Pour la distribution de l’autorité, j’utilise un outil beaucoup plus complet inspiré des travaux de Thomas Paterson qui remontent déjà à quelques années. Il s’agit de décomposer le processus de décision en 6 étapes :

  • I : il ne s’agit pas de celui ou de ceux qui doivent être informés comme dans le RACI, mais celui ou ceux qui fournissent les informations nécessaires à la prise de décision ;
  • Cs : celui ou ceux qui doivent être consultés avant la prise de décision ;
  • D : celui ou ceux qui décident au sens de faire un choix entre plusieurs options possibles ;
  • V : celui ou ceux qui valident la décision (la décision est prise par un manager opérationnel, mais elle doit être validée par une direction fonctionnelle, la DRH ou la direction financière par exemple) ;
  • E : celui ou ceux qui exécutent la décision au sens de mettre en œuvre le choix ;
  • Ct : celui ou ceux qui contrôlent que la mise en œuvre est effective et conforme au choix.

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Respect du principe de parité

Pour une activité et/ou un processus donné, le principe de la parité sera ainsi respecté si le responsable (R) du RA est a minima celui prend la décision (D) et, éventuellement, qui la valide (V).

Mais il faudra également bien s’assurer que le responsable (R) a suffisamment accès aux informations (I) lui permettant de décider (D) et/ou de valider (V) et qu’il a les moyens de contrôler (Ct) que la décision est réellement mise en œuvre. Sans quoi son autorité reste artificielle et le principe de parité respecté seulement sur le papier.

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