La culture d’entreprise : ce qui reste quand on a tout oublié

La culture d’entreprise : ce qui reste quand on a tout oublié

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L’origine des évidences qui composent la culture d’entreprise se situe dans son histoire. Ce faisant, on ne peut faire table rase du passé. L’échec de bon nombre de démarches de type Business Process Reengineering (BPR) ou Budget Base Zéro (BBZ) est là pour le rappeler à ceux qui l’auraient oublié.

La culture a un immense mérite : faire prendre conscience que le passé influe sur le fonctionnement présent, structure nécessairement les orientations du futur. L’oublier est dommageable. Parfois, certains rapports de consultants restent dans les placards. Pourquoi ? Réalisés en “chambre” par une équipe d’experts, ils ne prennent pas suffisamment en compte le poids de l’histoire dans leurs recommandations. Celles-ci, trop incohérentes avec la culture, restent des déclarations d’intention, des vœux pieux !

Le poids du passé

Pourquoi le nouvel Intranet de l’entreprise X n’est pas utilisé comme ces concepteurs l’avaient prévu ? L’information ne semble pas circuler librement au sein de l’entreprise. Cette dernière continue à cultiver un goût du secret lié à son passé, pourtant révolu depuis longtemps.

Les managers de l’entreprise Y sont incapables de faire leur budget correctement. La Direction Générale n’arrive pas à les responsabiliser sur des résultats. Malgré des systèmes de gestion sophistiqués et des contrôleurs de gestion professionnels, l’entreprise est encore dans une logique de moyens, pas de résultats. Héritage de son passé sur des marchés à préférence nationale, captifs et protégés. Et pourtant ! Cela fait plus de 20 ans que la majorité des marchés de l’entreprise sont très concurrentiels. Elle a même aujourd’hui des concurrents à l’autre bout du monde.

Cela ne “colle” pas

Dans l’entreprise Z, comme dans beaucoup d’autres, les formations au management participatif sont un échec. Intellectuellement, c’est séduisant disent les managers. Mais cela ne “colle” pas à notre réalité. Alors, ils culpabilisent de ne pas être le manager du modèle présenté par le formateur, le modèle du manager vanté par les manuels de management. Pourtant, les managers comprennent les mérites du management participatif. Mais le style très paternaliste et autoritaire du fondateur de l’entreprise est encore très présent dans les esprits.

On pourrait continuer ce type d’anecdotes sur plusieurs pages sans épuiser le sujet. Elles illustrent toutes les manifestations de la culture d’entreprise et témoignent du poids du passé sur le fonctionnement présent. Le passé, parfois un boulet lourd à traîner ! Parfois, au contraire, un tremplin pour l’avenir ! Ne pas nier l’existence de cette réalité qu’on nomme culture d’entreprise, voire l’appréhender avec plus de clairvoyance est un moyen de transformer un boulet en tremplin.

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  1. le management est une chose passionnante mais il est très difficile de devenir manager sans avoir des connaissances appropriées c’est pourquoi je fais des recherches là desus

    • Vous avez raison. Le management est une pratique. Du coup, c’est en manageant qu’on devient un manager. Managers et forgerons, même combat. Mais l’expérience, si elle est nécessaire, n’est pas suffisante. Bon courage pour votre apprentissage auquel ce blog, j’espère, contribue modestement.

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