« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne...

« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va »

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L’approche fonctionnaliste est bien connue des biologistes. Elle vise à appréhender le corps humain au regard de la fonction de ses organes. Certains sont vitaux, d’autres moins. Mais aucun n’est inutile, tous servent à quelque chose. L’approche fonctionnaliste est également très pertinente pour appréhender et diagnostiquer le fonctionnement d’une entreprise. Trois fonctions doivent être correctement remplies en son sein : la direction, la production et le management. Que l’une d’elles soit défaillante et c’est la performance globale qui n’est pas au rendez-vous. Attardons nous un instant sur la première d’entre elles, la fonction de direction.

L’objet de la fonction de direction est de donner un cap

Rappelons-nous une fois encore les mots célèbres de Sénèque : « il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ! » L’objet de la fonction de direction est de donner un cap à l’entreprise, c’est-à-dire de déterminer le but à atteindre et le chemin à emprunter pour y parvenir. Diriger, c’est définir une vision, c’est-à-dire une anticipation du devenir de l’entreprise ainsi qu’une stratégie réaliste pour y parvenir. Diriger ne veut pas seulement dire planifier, même à long terme. La planification, notamment la planification stratégique, complète la direction : le but à atteindre nécessite le passage par des phases intermédiaires. Mais la planification ne se substitue pas à la direction. Les dirigeants ne peuvent pas complètement déléguer la direction aux spécialistes du plan et de la stratégie. Pourquoi ? Parce que diriger, c’est avant tout avoir un projet pour son entreprise. Or, jamais un projet n’est sorti d’un plan. D’une tête, d’un cœur, de tripes, oui ! Mais d’un plan, non ! D’ailleurs, les plans, les hypothèses faites sur le futur, sont souvent plus des projections du passé que de réelles anticipations de l’avenir.

Rencontrer les intérêts des “stakeholders”

Ce projet, mûri d’une ambition, doit s’inscrire dans une vision de l’avenir. Une vision dont la valeur essentielle n’est pas l’originalité, mais la capacité à rencontrer les intérêts des actionnaires, des clients et des salariés de l’entreprise, les fameux « stakeholders », parties prenantes en français. Leurs intérêts sont convergents pour une partie, divergents pour une autre. Cela rend l’exercice plus délicat qu’il ne paraît a priori. Dans certaines entreprises, les actionnaires passent de loin avant les salariés, parfois même largement avant les clients. Les salariés sont des coûts, pas des ressources. On les paye peu de manière à minimiser les coûts salariaux. Concernant les clients, on est prêt à dégrader la qualité pour accroître les marges.

Le salarié est roi : oui, c’est possible

Dans d’autres entreprises, c’est le contraire. Le salarié est roi. Les exigences de rentabilité sont secondaires et les clients passent aux oubliettes. Dans ces entreprises, les managers sont fréquemment les premiers représentants du personnel. Les salariés passent au premier plan, mais, paradoxalement, ces entreprises ne sont souvent pas très agréables à vivre. Il y a peu de pression des actionnaires et des clients, mais beaucoup de conflits internes. Du confort, mais de l’agressivité ! Pourquoi ? L’agressivité des salariés est tournée vers l’intérieur de l’entreprise et non vers l’extérieur. Des clients exigeants, des concurrents pressants,… sont de bonnes cibles sur lesquelles jeter son dévolu. A défaut, il faut en trouver d’autres : ses collègues par exemple. Dans ces entreprises, le problème, c’est que les conflits ne concernent pas seulement le travail, mais les personnes elles-mêmes. Les attaques ne portent pas uniquement sur ce que les personnes font, mais aussi sur ce qu’elles sont.

3 COMMENTS

  1. ” L’objet de la direction est de donner un cap ”
    Oui et si c’est un bon , voire un très bon cap , cela vaut beaucoup ( vaste sujet ).
    La difficulté majeure pour donner le bon cap est toujours la même: prendre un peu de hauteur pour repousser la ligne d’horizon et voir ce plus loin ou
    bien souvent , tout est à conquérir.
    Réflexion d’un fils à la question suivante :
    Comment avez-vous fait pour développer autant votre entreprise ?
    Réponse : en montant sur les épaules de mon Père ..

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