Les wikis, de nouvelles opportunités organisationnelles

Les wikis, de nouvelles opportunités organisationnelles

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De tout temps les outils électroniques ont été d’importants moyens de coordination organisationnelle. Mais les wikis, par les opportunités de travail collaboratif qu’ils offrent, renouvellent les perspectives et démultiplient le potentiel coordinatoire des outils électroniques.

Les outils électroniques comme mode de coordination

Toute organisation est la résultante de deux processus opposés et complémentaires : la division du travail d’une part, la coordination des activités d’autre part. La fonction du second consiste à contrebalancer les forces centrifuges issues du premier. Plus le travail est divisé, plus il doit être coordonné.

On peut classer les modes de coordination suivant deux axes : leur impact et leur coût.

Jusqu’à présent, les outils électroniques étaient considérés comme des modes de coordination de force moyenne. Ils permettaient la diffusion d’information (l’intranet, par exemple) ou le recueil d’information (un ERP, par exemple).

Le potentiel coordinatoire des wikis

Wiki vient de l’hawaïen « wikiwiki » qui signifie vite. C’est un site web qui permet à ses visiteurs de modifier le contenu des pages consultées à partir de n’importe quel navigateur. Ce faisant, le wiki permet une production collaborative de la part de chaque utilisateur.

Et c’est bien là que se situe son potentiel coordinatoire. Contrairement aux outils électroniques traditionnels qui permettent la diffusion et le recueil de l’information, le wiki rend possible une production collaborative sous le contrôle de chaque utilisateur.

En matière de production de normes collectives (règles, procédures, modes opératoires,…), il permet de rompre radicalement avec le principe taylorien de la dissociation entre la conception du travail et son exécution. Ceux qui appliquent les règles sont également en mesure de les modifier, voire de les changer, non pas à partir d’une analyse et d’une réflexion, mais sur la base de leur expérience et de leurs pratiques.

La sagesse des foules

On a là un exemple extrêmement concret de mise en application de la théorie dite de la sagesse des foules chère à James Surowiecki. De quoi s’agit-il ? Une foule résout certains problèmes de manière plus efficace que n’importe quel expert du sujet en question.

Pour étayer sa démonstration, James Surowiecki cite une expérience conduite par le britannique Francis Galton au début du XXème siècle. Au cours d’une foire au bétail, un concours est organisé : il s’agit de deviner le poids d’un bœuf une fois tué et dépecé. Plusieurs centaines de personnes participent. A la fin de la journée, Francis Galton fait la moyenne arithmétique de chacun des paris et constate qu’elle est plus proche du poids réel de l’animal dépecé que la prédiction du gagnant du concours.

C’est également sur ce principe qu’est basée l’encyclopédie wikipedia : la sagesse des foules conduit à produire des articles plus justes et plus actualisés que ne pourrait le faire n’importe quel expert, aussi pointu soit-il.

Un mode de coordination secondaire

James Surowiecki identifie trois conditions pour que cela fonctionne : diversité, autonomie et décentralisation au sein de la foule. Dans une Team-Based Organization, ces conditions peuvent être remplies de manière tout à fait réaliste.

Au même titre qu’un management de la performance transparent et qu’un marché interne des compétences fluide, la production collaborative des principales normes de fonctionnement collectif est un mode de coordination secondaire d’une Team-Based Organization.

C’est ainsi dans l’application du principe de la sagesse des foules que le wiki trouve tout son potentiel coordinatoire.

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