De la nécessité de structures multidimensionnelles

De la nécessité de structures multidimensionnelles

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La conjonction des évolutions économiques, technologiques et sociologiques rend l’environnement des entreprises de plus en plus complexe. Cette complexité les met face à une série de paradoxes dont les plus fréquents sont :

  • développer des expertises pointues et mettre des produits rapidement sur les marchés ;
  • diminuer les coûts unitaires de production à travers des économies d’échelle et répondre de manière spécifique aux besoins des clients ;
  • développer des produits globaux et adresser des marchés locaux ;
  • etc …

Cela nécessite que les entreprises soient capables de faire en même temps (simultanément, et non séquentiellement) plusieurs choses pour partie contradictoires et que, donc, elles quittent leur structure monodimensionnelle pour une structure multidimensionnelle.

Des logiques organisationnelles subordonnées les unes aux autres

Historiquement, les structures ont d’abord été fonctionnelles. Face à la diversification des entreprises, elles sont devenues divisionnelles par produits, par clients / marchés ou géographiques selon le type de diversification poursuivie.

Aujourd’hui, il est extrêmement rare de trouver des entreprises qui appliquent uniformément la même logique organisationnelle. C’est la raison pour laquelle les structures purement fonctionnelles ou purement divisionnelles sont des exceptions. Plusieurs logiques organisationnelles coexistent en général au sein de la même entreprise.

Mais jusque-là, les entreprises étaient capables de les subordonner les unes aux autres, c’est-à-dire d’organiser chaque niveau hiérarchique selon la même logique organisationnelle. C’est le cas, par exemple, de la grande entreprise de l’agro-alimentaire dont  l’organigramme est représenté ci-dessous.

 Le premier niveau hiérarchique est organisé selon une logique divisionnelle par produit (les pôles), le deuxième selon une logique divisionnelle géographique (les régions), le troisième à nouveau selon une logique divisionnelle géographique (les pays) et, enfin, le quatrième selon une logique fonctionnelle.

Faire cohabiter plusieurs logiques organisationnelles au même niveau hiérarchique

Subordonner les logiques organisationnelles les unes aux autres nécessite de pouvoir hiérarchiser les enjeux stratégiques auxquels correspondent chacune d’elles. Et, aujourd’hui, c’est en général là que le bât blesse ! Pour faire face aux paradoxes auxquels elles sont confrontées, principale expression de la complexification de leur environnement, les entreprises doivent suivre simultanément plusieurs orientations stratégiques de même importance, qu’elles ne peuvent pas subordonner les unes aux autres.

Ces enjeux stratégiques, pour partie contradictoires, doivent le plus souvent être portés par des logiques organisationnelles différentes présentes dès le niveau hiérarchique le plus élevé.

Cette entreprise de télécommunications a mis en place deux Business Units, pour ses activités de R&D et de marketing, dans une logique divisionnelle par produits (les produits sont regroupés par technologies : transmission hertzienne (MTA) d’un côté, transmission de données (DAN) de l’autre), associée à une logique fonctionnelle pour ses activités de production (une direction de la production regroupe les deux usines) et de commercialisation (une même direction regroupe les ventes sur le territoire français (NSO) et les ventes à l’international (ISO)).

A travers une structure hybride, cette entreprise de télécommunications cherche à tirer partie des avantages des différentes logiques organisationnelles. La logique divisionnelle permet d’aligner les activités de développement et de marketing sur les deux principaux segments stratégiques et, ce faisant, de déployer des stratégies de différentiation différentes qui ne viennent pas se “polluer” l’une l’autre. Par ailleurs, au niveau des activités de développement et de marketing, les économies d’échelle sont faibles. Cela n’est pas le cas au niveau des activités de production et de commercialisation, ce qui explique pourquoi l’entreprise recourt alors à une logique fonctionnelle.

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