Une Moyenne Entreprise (ME) se définit-elle d’abord par sa taille ?

Une Moyenne Entreprise (ME) se définit-elle d’abord par sa taille ?

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Ce billet fait suite à une série d’autres sur la notion d’entreprise moyenne auxquels vous pouvez accéder en cliquant ici, ici ou encore ici.

Tout comme la nature de son activité qualifie une entreprise industrielle ou une société de service, le type de technologie une entreprise de process ou de haute technologie,… c’est sa taille qui qualifie au premier chef l’entreprise moyenne. En disant cela, on dit beaucoup et peu à la fois. Beaucoup, parce que c’est donner la primeur à un facteur de contingence sur tous les autres. Peu, parce que cette affirmation pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Comment mesurer la taille d’une entreprise ? A partir de quand considère-t-on qu’une entreprise devient moyenne et à quel moment cesse-t-elle de l’être ? Dit autrement quels sont les seuils et les plafonds qui caractérisent une entreprise moyenne ?

Les critères permettant de mesurer la taille d’une entreprise sont multiples

Nombre de salariés, montant de chiffre d’affaires, valeur ajoutée, montant du capital,… Les deux critères les plus couramment utilisés sont le nombre de salariés et le montant de chiffre d’affaires annuel. Mais pour nombre d’observateurs du monde des entreprises, le doute n’est pas permis : c’est bien le nombre de personnes employées dans l’entreprise qui est l’indicateur de taille le plus apte à expliquer les variations de structure. Sur ce sujet au moins, les choses sont claires !

C’est moins le comment (mesurer la taille d’une entreprise) que le combien (à partir de quand et jusqu’où une entreprise est moyenne) qui pose problème. En la matière, personne n’est d’accord.

Chaque pays, et à l’intérieur de ceux-ci chaque organisme, a sa propre approche, comme en témoigne un des rapports de l’OCDE de 2004.


Moyenne entreprise ou moyennes entreprises

Et comme si cette diversité n’était pas suffisante, la Commission Européenne propose de distinguer les moyennes entreprises entre elles. Il y aurait ainsi les petites moyennes (comprises entre 20 et 49 salariés), les moyennes moyennes (entre 50 et 250 salariés) et les grosses moyennes (entre 250 et 500 salariés). Non, ce n’est pas une blague ! Mais avouez qu’il y a de quoi y perdre son latin.

Globalement, en résumant au risque de simplifier, il y a deux grandes positions. Celle, par exemple du Centre Normand de la Moyenne Entreprise, qui consiste à définir la moyenne entreprise dans la fourchette haute des PME : les entreprises qui emploient entre 50 et 500 salariés. Ou bien, celle d’Yvon Gattaz, qui semble avoir largement inspiré la notion d’Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI), pour lequel le seuil et le plafond sont plus hauts (entre 100 et 3000 salariés).

Ces débats, sans fin, sont vains

Ces seuils, qui ont le mérite de fournir des repères communs, n’en sont pas moins discutables. La définition française, celle utilisée par l’INSEE par exemple, fixe la barre à 500 salariés et 77 millions de chiffre d’affaires. Je pourrais discuter des limites de l’utilisation de critères aussi simples sur plusieurs pages sans épuiser le sujet.

C’est une question de spécialistes, importante, mais peu féconde pour mon propos ici. Un seuil est une convention qui repose nécessairement sur des hypothèses discutables. Il permet le débat et l’échange. C’est bien son principal intérêt.

C’est la raison pour laquelle, comme je l’ai proposé dans un billet précédent, le critère de taille est nécessaire, mais pas suffisant pour définir ce qu’est et ce que n’est pas une moyenne entreprise. Des critères complémentaires, de nature plus qualitative comme le modèle organisationnel part exemple, sont nécessaires.

 

 

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